Mardi 11 juillet 2023
C’est reparti à nouveau pour la navigation du jour. Je lève l’ancre sur un miroir mais je m’entête toujours à ne pas brancher le moteur. Eole finit par me recompenser et m’envoie des volutes matinale me permettant de faire route convenable et déposer tous les autres voiliers croisés, au moteur !



Comme je m’y attendais, entre Hydra et le continent, le vent fraichit considérablement et vient toujours du nord, même s’il est prévu du sud ! C’est à devenir fou. Je ne compte plus les virements de bord sous quinze nœuds. Passé la pointe entre Poros et Hydra, le vent tourne et passe sur mon tribord grand largue. Je choisis d’aller mouiller dans une petite anse protégée du vent d’est à sud est, situé à l’entrée du golfe de Poros. Son nom Aliki. Je suis, une fois de plus, tout seul entouré de montagnes verdoyantes. L’endroit est fort joli et à l’abri. Je passe une soirée d’une grande douceur même si la chaleur d’une canicule à venir commence à se faire sentir.



Mercredi 12 juillet
L’objectif du jour, le retour dans le golfe Saronique. Je ne sais pas trop où aller car les possibilités sont nombreuses. Finalement ce sera encore une fois l’île d’Agistri devant Egine. La navigation est fantastique, tout à la voile et avec de nombreuses manœuvres selon les caprices du vent. Initialement je souhaitais mouiller sous le vent de Methania, la grosse presqu’île volcanique située au sud d’Agistri. Mais une fois sur zone j’ai constaté que les fonds étaient trop importants et je ne souhaitais pas reproduire une expérience fâcheuse.
Je m’installe donc devant le port sur une eau claire.
Jeudi 13 juillet
La canicule promise est en train de s’installer. Dès le matin sept heures, la chaleur devient pesante et moite. Je vais donc passer la journée en mer où je serai un peu plus protégé du mordant du soleil. Je fais une longue boucle au milieu du golfe pour revenir en fin de journée au même endroit mais par un vent soutenu de sud de vingt nœuds permettant de rafraîchir significativement l’atmosphère.
A noter une belle rencontre de gros dauphins.
Avant dernière soirée à bord du Babar…
Vendredi 14 juillet 2023
Je suis réveillé à six heures par une belle houle. Celle-ci vient du nord ouest, signe qu’il doit y avoir du vent fort dans les parages du canal de Corinthe. Il fait déjà chaud. Après le petit déjeuner, je lève aussitôt l’ancre pour profiter d’un vent qui monte et aller à mon dernier mouillage des vacances au nord de l’île d’Egine, avant la remise à sec de Babar prévue samedi à neuf heures de matin. Le vent vient sur l’arrière du bateau mais hélas, il s’éteint doucement passe l’île Moni au sud d’Egine. Il est environ dix heures et la canicule fait lentement mais sûrement son office. Je ne veux pas brancher le moteur par peur qu’il crée encore plus de chaleur à l’intérieur. J’opte pour le calvaire de la pétole et de supporter d’avancer à un nœud voire même être totalement stoppé. Entre deux maux, je choisis le moindre, comme dirait le capitaine Aubrey ! Ce régime pénible va durer des heures. La chaleur devient terrible et tutoie les quarante degrés. Je suis en quête permanente d’ombre, en me déplaçant sur le bateau pour être protégé de la grand voile à grès de l’orientation du vent.
Je ne tiens pas en place car le moindre rayon de soleil qui touche ma peau me brûle. Je crois que nous sommes en train d’assister au début d’une nouvelle ère terrestre, et ça va pas être agréable du tout… et pourtant, en bon Méditerranéen je supporte bien la chaleur, mais pas à ces températures. L’horizon est blanc de chaleur, tout est comme écrasé des radiations du soleil. J’arrive sur le site que j’ai choisis pour la nuit, le même mouillage qu’au début de la croisière. En fin de journée le vent revient et avec lui une illusion de fraîcheur. Mais je crains demain, il paraît qu’il va faire jusqu’à quarante trois degrés (à l’ombre bien sur !).
