Un dernier tour en Grèce

Week-end du 13 avril 2024

Le dernier round de mon aventure avec Babar 1 vient de commencer. Il va être court, une journée, un moment passé à son bord pour le préparer à sa nouvelle vie et assurer la transmission de propriétaire. J’arrive comme d’habitude vendredi soir à mon hôtel Triton du Pirée, mais sans l’excitation d’une croisière en mer à venir. Je suis en Grèce, mais neutre, sans saveur.

Samedi matin, je rejoins Philippe, le nouveau propriétaire, pour prendre pour la dernière fois le ferry en direction de l’île d’Egine.
Malgré les circonstances, la magie opère encore un peu, le soleil brille, me chauffe et atténue les effets du moral bas. Nous sommes rapidement sur le chantier où j’ai tant de fois, usé mon énergie à préparer mon fidèle Babar à des croisières mémorables en mer Egée. Cette fois, je le prépare, le fais beau, pour le confier à un autre. Je le quitte en fin de journée, après avoir sué une dernière fois sous la chaleur déjà bien présente en ce moi d’avril. Ça y est, c’est fini. Je repense à ce moment où j’ai quitté Marseille un jour d’avril 2015 pour mettre le cap sur mon Pays Catalan. De ce point de départ, ce bateau ne m’aura apporté que de l’aventure pure et des souvenirs puissants. Jusqu’au point d’orgue de notre voyage avec Doriane et Solenzu. Mais on ne pouvait pas clôturer ce chapitre sans qu’il ne connaisse ma Raphaëlle qu’il a porté sur son dos le temps de quelques navigation en octobre 2023. Il aura même connu mon père,  disparu en 2016 !
Adieu mon frère, tu as, pour toujours, gravé sur ta coque nos rires, nos peines, nos peurs, nos enthousiasmes… et une partie de nos vies.

Après une bonne soirée en compagnie de Emmanuelle et Jean Louis, deux amis qui ont également amené leur voilier sur Egine, je passe la matinée de dimanche à humer une dernière fois l’air de cette belle île. Je finis cette parenthèse avec deux anecdotes typiquement grecques. Au moment de déjeuner je m’attable à une taverne située dans la halle aux poissons. C’est alors qu’un vieux monsieur m’interpelle et me demande s’il peut s’asseoir à ma table, ce que j’accepte évidemment. C’est alors qu’il me raconte sa vie du haut de ses 90 ans. Il était clown dans un crique en Europe du Nord puis est aujourd’hui écrivain et poète. On peut facilement le retrouver sur Google, Georges Marinos.

Nous passons ainsi une heure à raconter nos vies, surtout lui que je ne cesse de questionner sur son existence insolite et riche. Et puis nous nous disons au revoir car je dois retourner à la pension récupérer mes lourds bagages pour embarquer dans le ferry.
Aucun taxi n’est disponible, mais c’est sans compter la gentillesse des grecs ! Le propriétaire de la pension me prend deux gros sacs, les pose maladroitement sur son frêle scooter et je le vois partir en pétaradant et en zigzag, certain qu’il va finir par se casser la figure. Et bien non ! en arrivant sur le quai du ferry, il est bien là à m’attendre.
C’est sur ces dernières interactions que je quitte ce si beau pays. Une page se ferme, une autre s’ouvre avec ma petite famille de retour en Méditerranée Occidentale.

Une réflexion sur “Un dernier tour en Grèce

Laisser un commentaire