Mardi 13 mai 2025
Après avoir déposé les filles à l’aéroport je retourne à ma solitude et mets le cap au sud, à nouveau. Direction ? Là où le vent s’arrêtera, je prendrai un mouillage. Un beau programme sous le retour tant attendu d’un soleil franc et d’un ciel bleu. La navigation se passe tranquillement, tout à la voile et je fais halte dans la cala Garbet au-dessus de Llança. Je mouille l’ancre par six mètres de fond de sable. La soirée se passe paisiblement avec un léger vent de terre qui fait onduler le bateau.
Mercredi
Je ne sais pas vraiment où aller. A partir de demain et ce, jusqu’à samedi matin, est prévu un fort épisode de Tramontane qui balayer tout le golfe du Lion.
Je laisse la matinée couler jusqu’à un événement qui va me choquer, en secouant mon short, je vois la bague offerte par ma Dodo pour mes 50 ans partir à la baille. Comme un imbécile je l’avais laissé dans la poche car elle me gênait pour les manœuvres. Perdre un objet si cher avec une si belle charge émotionnelle est très douloureux. C’est un peu comme si j’avais trahi la personne qui me l’avait offerte.
Après ça, je décide de remettre le cap sur Canet et mettre un point final à cette petite croisière de printemps.
Mais une fois au niveau de Banyuls, après un départ sous 17 nœuds de vent du nord, je décide finalement d’aller me mettre à l’abri à Cadaquès distante d’une quinzaine de milles.
Et hop demi tour !
J’arrive sur le plan d’eau de la baie de cette magnifique petite cité, seul bateau à cette époque. On m’octroie une bouée en plein milieu. Je vais être bien exposé au vent mais protégé de la mer.
La soirée sur le pont sous le ciel étoilé encore calme du vent fou qui va arriver est un enchantement.
Jeudi et vendredi
Durant ces deux jours, je vais faire des randonnées dans l’environnement sauvage et aride du Cap de Creus. J’aime l’aridité, la poussière et le vent.
Le vent est fort mais Babar tient parfaitement à sa bouée.






Samedi
10h30 c’est parti pour la navigation retour. Je sors de la baie et envoie rapidement les voiles pour profiter du reste de vent. La mer est houleuse mais pas autant que je l’aurais cru au vu du vent qui a balayé le bassin durant deux jours.
Je dois effectuer de nombreux virements de bord jusqu’aux parages du cap de Creus.
A partir de là le vent se met à mollir de plus en plus jusqu’à la pétole totale. Pour ne pas perdre la moindre minute en mer, je décide d’affaler toutes les voiles, faire le bouchon dans la houle en attendant le retour du vent. Je mange, lit, pendant que Babar danse sur une mer de diamant. Petit à petit le vent de sud est fait son apparition timidement mais suffisamment pour me permettre de renvoyer les voiles.
Il monte en puissance au fil des heures jusqu’à plus de vingt nœuds une fois le cap Béar doublé. J’arrive comme une balle sur Canet, mon cap n’étant pas directement sur le port j’affale la grand voile devant la plage de Canet Sud pour faire eoite par tribord amure sous génois seul.
J’arrive au port après huit heures de navigation. Heureux, bronzé, salé, un peu fou de vent.