Le tour du cadran Minorquin

Jeudi 31 août

Les conditions sont idéales pour faire le tour de l’île et rejoindre Fornells.
Je lève l’ancre vers 8h30 cap à l’ouest.
Le vent est assez léger mais me permets d’avancer toute voile dehors à plus de cinq noeuds. Aux environs du cap sud ouest, je suis dépassé par un immense yacht voilier qui ne s’embête pas à mettre ses voiles et fonce au moteur avec, sur le pont avant, une donzelle faisant sa gym. Il y a un côté précieuse ridicule.

De mon côté je dois tirer des bords, encore, pour remonter la côte est vers le Nord et dépasser Ciutadella.
La côte nord est tout simplement magnifique, sauvage, vide. Le vent est faible, je me traîne mais je peux ainsi apprécier ces beautés qui se présentent à moi. Quelques criques et plages rougeâtres coupent les falaises abruptes. Derrière on peut apercevoir des collines certaines verdoyantes. Il n’y a rien ni personne. Est ce mon paradis inspiré de la Grèce ?

Vers 17h, au large de la belle cala Pregonda et son écrin rouge sang, le vent n’est plus assez fort et je branche le moteur pour passer le cap du Far de Cavalleria et entrer dans la rade de Fornells. Cette sorte de fjord est toujours aussi merveilleuse en arrivant en voilier. D’un côté, cette petite cité blanche, de l’autre de la garrigue désertique et on fond une sorte de zone lagunaire. Je prends une bouée et, après ma douche rituelle, je vais au restaurant pour me remettre de cette navigation de 44 milles nautiques.

Vendredi 1er août
Le réveil à 6h, quoique un peu raide, est magique sur un véritable lac de montagne. Cest calme, beau avec le soleil qui monte progressivement derrière la colline. Avant de quitter ce havre de paix, je vais me prendre mon café au bistrot du port dans ce fameux matin en méditerranée que j’affectionne tant.

Cap maintenant vers la côte est de l’île que je ne connais pas. Je décide d’aller mouiller l’ancre dans le parc naturel de Es Grau. J’appareille à 11h sous voile. Le vent est du nord et favorable pour une navigation à la voile. Je découvre progressivement cette côte qui ressemble un peu, sous certains aspects à la côte de chez moi avec des rocailles brunes et en arrière plan, ses reliefs boisés. Je suis grand largue à plus de 5 noeuds et arrive sur zone vers 14h pour mouiller l’ancre. Je suis protégé de la houle du nord par une île et du sud par un cap. À l’ouest, une petite cité blanche, Es Grau, me fait encore penser à la Grèce. Ce pays est devenu mon maître étalon en terme de beautés marines, je l’ai désormais ancré en moi comme une référencé quasi mystique. Qui n’a jamais vécu l’arrivée à la voile sur une île grecque, mouillé l’ancre dans un de ses « ormos » à fleur de terre, et observé le Meltem décaper la mer au large, celui là n’a rien vécu.

Samedi 2 août.
J’ai passé encore une soirée délicieuse sur le pont de Babar à observer sans cesse mon environnement, mais il est temps de préparer la deuxième partie de la croisiere, en famille cette fois. Je lève l’ancre pour rallier Port Addaia où j’ai réservé une place au port pour 3 nuits pour l’arrivée de mes filles qui me manquent tant. La mer est d’huile et je m’entête à rester à la voile en progressant à moins de 3 noeuds. Fort heureusement le vent du nord est arrive au fil de ma patience et j’arrive bientôt dans le chenal d’Addaia. C’est un endroit mal pavé avec beaucoup de hauts fonds mais très bien balisé. Sur les 2 côtés de chaque rives, on peut observer 2 ambiances différentes, d’un côté de belles et charmantes villas au bord de l’eau avec des petits pontons branlants, de l’autre des petites îles désertiques.
J’arrive sur la zone de mouillage, devant le port. C’est une lagune avec fonds boueux mais une ambiance furieusement sympathique, il y a des bateaux sur corps morts et quelques uns au mouillage. La place est mince et je mouille l’ancre après une première tentative peu fructueuse, trop proche d’un bateau voisin. Il faut être vigilant ici car il paraît que les fonds ne sont pas solides.
Il est temps maintenant de commencer à préparer le bateau pour l’accueil de ma Raphaëlle et Dodo.

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