Lundi 11 août
Avec Doriane nous nous levons tôt car je dois les déposer au port et faire un complément de gasoil. Un taxi doit les récupérer à 9h30 pour les amener à l’aéroport de Palma direction Barcelone. De là, encore un taxi pour une banlieue au nord de la ville où elles seront récupérées par ma mère jusqu’à Canet. Moi je dois traverser et ramener Babar à son écurie et profiter encore de quelques jours avec mes filles de vacances plus classiques en bord de mer.
Mais j’ai encore devant moi près de 170 milles à parcourir.

Je les laisse le cœur gros à 8h30 cap au nord. Je longe la côte de Majorque qui me confirme, si c’était encore nécessaire que c’est vraiment une île magnifique avec de hautes falaises couvertes de pins ou de garrigue. Je suis au moteur et crains qu’une grande partie de la traversée risque de se jouer dans les douces vapeurs de gasoil.
Je suis à 4 noeuds dans le ronron du Yanmar qui tourne comme un chalutier et depasse le cap Formentor, le plus au nord est de l’île, au bout de quelques heures.




Je commence à ressentir un vent d’ouest nord ouest, au près. Je hisse les voiles aussi sec et debranche Yanmar. Ça y est je suis au large, dans mon élément. La mer est belle et le vent bon, que demander de plus. Je fais route, inlassablement avec les heures qui défilent et Babar qui reste sur son cap. Je reçois progressivement le vent sur le bon plein limite travers et hisse le spi. Je tutoie les 7 noeuds maintenant cap au 0°. C’est merveilleux.

Je croise très peu de bateaux hormis 3 voiliers, un qui va aux Baleares et 2 autres dont la trajectoire m’indique qu’ils vont sur Barcelone. À part ça, rien à signaler.
Dans l’après midi je commence à me faire quelques siestes de 15mn qui permettent de récupérer de la mauvaise nuit que j’ai passé, cumulée à une otite douloureuse.


Le soir arrive et je me concocte des gnocchis avec une petite sauce avant d’attaquer la nuit. Je retire le spi pour passer sur le génois. Toute la nuit je vais devoir manœuvrer spi, génois, moteur, pour continuer la route en exploitant au maximum les conditions météo qui s’avèrent meilleures que prévues mais variables. Au milieu de la nuit, une moiteur lourde s’abat sur le bateau, tout est trempé malgré le bimini. Je reçois de la rosé dans les cheveux, les poils des bras et me sens sale comme un clochard de la mer. J’arrive quand même à dormir par intermittence ce qui me permet de garder de la forme et de la lucidité. Je suis néanmoins accompagné par une belle presque pleine lune qui reste présente toute le nuit et éclaire la mer presque comme en plein jour. Fait astronomique unique je peux apercevoir les deux planètes Venus et Jupiter côte à côte.
Au matin vers 7h, alors que je dois être à 30 milles des côtes, des bancs de brume arrivent pendant que je suis à 5 noeuds à la voile. On ne voit plus rien. Je commence ainsi mon cycle de corne de brume toutes les minutes qui rajoutent du lugubre à l’ambiance glauque et moite. Mais j’aime bien ce moment, on se croirait dans un film de pirates.
Le vent fraichit et commence à libérer le ciel et dissiper cette purée de pois. Je suis sur un cap direct sur Palamos alors que je souhaite aller sur Cadaques situé à 30 milles plus au nord. Arrivé sur la côte je fais 6 ou 7 virements de bord jusqu’à ce que le vent vienne du large sur mon travers tribord me permettant de faire du nord à partir du cap San Sebastian. Hélas celui-ci faiblit aussi m’obligeant à brancher le moteur jusqu’à ce qu’il se mette au sud est et me permette de renvoyer les voiles. Je retrouve mes repères familiers sur cette Costa Brava que je connais tant. Finalement je prendrais une bouée à la cala Joncols juste en dessous de Cadaques pour me reposer avant la dernière journée de navigation prevue.
Mercredi 13 août
J’ai évidemment dormi comme une enclume et c’est avec impatience de retrouver ma famille que je quitte le mouillage.
Je pars à la voile pour tout affaler peu de temps après. C’est après le Cap de Creus que je peux enfin tout renvoyer jusqu’à Canet retour final de cette belle croisiere 2025.
Je peux à nouveau prendre ma Raphaêlle dans mes bras et finir les vacances avec rituels de plage les matin, déjeuner en famille, sieste, activités diverses et dîners le tout dorlotés par ma Maman !
Fin de la croisiere 2025 qui aura été merveilleuse sans problème majeur à regretter. Et surtout c’est la première croisiere où Raphaëlle commence à bien appréhender l’environnement marin atypique qui va l’accompagner, je l’espère, le plus longtemps possible.
Statistiques de la croisière d’été 2025
Distance parcourue : 634 milles nautiques
Temps passé la voile : 80h
Temps passé au moteur : 54h