Jeudi 9 mai
Après quatre nuits passées dans ce magnifique endroit de Port de la Selva, il est temps de reprendre un peu la mer. La forte tramuntana de ces derniers jours nous a un peu engourdis et nous avons tous les trois hâte de repartir. Et pourtant l’endroit est propice à une escale tranquille et heureuse. Raf a trouvé son eldorado avec deux petits parcs pour enfants avec balançoires, toboggans sur la plage et s’est prise de passion pour les cailloux de plage. Et nous, nous avons adopté un rythme lent et apaisant.




Nous repartons, cette fois pour Cadaques, distante de quelques milles. Le vent est bon, le soleil nous chauffe le corps et Babar nous porte tranquillement par delà la houle générée par la tramontane passée. Passés le cap de Creus, je prépare le déjeuner que nous degustons devant le magnifique spectacle dalinien de cette côte découpée.


Et, petit à petit, apparaît la baie de Cadaques, majestueusement. Nous sommes accueillis à une bouée par l’une des sociétés d’exploitation Promar. Le coup de bambou qui frise le raquet : 72 € pour une nuit. Quand je pense que, il y a quinze ans c’était 25 €, l’inflation ne fait pas que des malheureux. Je ne vais pas m’étendre à nouveau sur l’exploitation que je trouve désormais trop malhonnête des bouées de mouillage sous prétexte d’écologie et de protection des posidonnies.
Néanmoins nous sommes heureux de cette escale et la vue magnifique depuis le mouillage. Mais nous allons un peu déchanter en allant à terre. Une foule contrastant avec la solitude en mer se presse de tous les côtés. Le temps de nous asseoir à la terrasse ombragée d’un hôtel pour le goûter de Raf et lui faire ramasser quelques cailloux sur la plage et nous repartons vite nous abriter de ces nuisances sur Babar. Heureusement la soirée est merveilleuse en profitant de la vue.
Vendredi 10 mai
La nuit fut parfaite, sur un lac. Prendre le petit déjeuner face à la vue de Cadaques est un privilège dont je ne me lasserai jamais. Il est temps maintenant de partir direction le village de mon enfance l’Escala. Le vent est faible et j’essaye tant bien que mal à envoyer le spi asymétrique gréé sur un emmagasineur. En gros c’est comme un enrouleur mais à sens unique, tout ou rien. Pratique.
Mais très rapidement je me rends compte qu’il ne sert à rien et je le range pour envoyer le moteur. Heureusement nous n’aurons à le supporter qu’un petit quart d’heure car le vent fraichit légèrement nous permettant d’avancer à quatre nœuds à la voile. Raphaëlle quant à elle est s’intéresse de plus en plus à son environnement et veut absolument wincher !




Au milieu de la baie de Roses le vent forcit à seize nœuds et nous dépassons allègrement les sept nœuds au près serré. Alors que l’Escala se profile, je reçois un message de refus de place de la part du port pour cause de régate. J’empanne et mets le cap sur le port de Roses que nous atteignons assez rapidement pendant que mon petit équipage fait la sieste en bas. Les marineros du port m’aident pour l’amarrage et nous voilà donc sur le quai peu pratique de ce port sans grand intérêt. Nous sommes relativement loin du centre et il n’y a pas grand chose à faire à part l’accès rapide à la plage pour Raf qui s’en donne à cœur joie et veut sans cesse nous fausser compagnie pour découvrir son territoire !
