Dimanche 7 juillet 2024
C’est le cœur gros que je laisse mes filles sur Paris qui me rejoindront plus tard. Merci à Carmela, la Maman de Dodo pour me remplacer durant ces deux semaines d’absence.
Je quitte le boulot pour prendre le train qui va me mener une fois de plus vers mon Pays Catalan et notre Babar deuxième du nom.
J’avais tout préparé le week-end précédent pour que le bateau soit fin prêt pour la croisière estivale.
Je laisse passer un temps maussade et orageux le samedi pour partir le dimanche, direction le Var, en profitant d’un reste de Tramuntana.
En sortant du port du Canet je ne réalise pas vraiment que je pars enfin. Toute l’année est occupée à rêver à ce moment. Rapidement, j’éteins le moteur pour envoyer les voiles et mettre le cap au nord, au prés serré pour ensuite, au large de Leucate prendre le vent sur le travers arrière babord et faire cap à l’Est.

Les conditions sont idéales, le vent est bon autour des quinze nœuds, la température douce et le ciel qui s’éclaircit enfin.

Petit à petit je reprends mes marques non sans difficulté comme à chaque fois. Il me faut vaincre l’habituelle petite appréhension, refaire des muscles que je ne sollicite jamais au quotidien. Mais tout se passe bien, Babar fend les flots avec hardeur et nonchalence.
J’ai attendu quatorze heures pour me préparer mon premier déjeuner de mer face au plus beau des panorama, la mer droit devant, le large et ses promesses de solitude et d’aventures.

L’après midi se passe bien, on fonce à toujours plus de six nœuds. Le soir arrivant, je m’octroie un apéro sans alcool pour fêter cette belle première journée.
Vers 22h, le vent fraichit un peu plus et souffle en rafale à vingts nœuds m’obligeant à prendre un ris dans la grand voile dans une manœuvre impressionnante à se mettre bout au vent avec la houle et le vent à contre. Mais tout se passe bien et je reprends la route tutoyant les neufs nœuds.


C’est vers 3h30 du matin, au large de Marseille que le vent tomba d’un coup me forçant à mettre le moteur avec la houle résiduelle.
Le jour se lève avec toujours cette joie de retrouver le soleil après une nuit sans lune. Je m’octroie maintenant quelques cycles de sieste bien mérités.
Vers le Cap Sicié, un léger vent me permet d’éteindre le moteur pour naviguer un peu à la voile et augmenter mes stats !
J’arrive ainsi à Porquerolles à mouiller l’ancre dans la baie d’Alicastre après vingt neuf heures de mer et
J’ai choisi un emplacement le plus éloigné du parking à bateaux pour être tranquille.
Il est temps maintenant de piquer une tête dans une eau encore un peu fraîche avant de passer une soirée paisible et m’écrouler à 21h30 dans ma cabine.

Mardi 9 juillet
Je me réveille à 9h embrumé d’une longue nuit, n’ayant plus l’habitude de m’octroyer un si long sommeil. Quel bonheur de se réveiller dans un endroit aussi Méditerranéen par essence. Les pins, les cigales, les goélands qui commencent déjà à se disputer des pitances envoyées par les plaisanciers. Je repense à une époque révolue présente dans les films des années soixante, quand le Sud de la France était l’endroit rêvé des français et bien représentés dans les films du gendarme à Brigitte Bardot. Aujourd’hui remplacé par Dubai. Quelle tristesse.

Je profite du moment en piquant une tête et dégustant mon déjeuner. Je décide de changer d’endroit pour aller prendre une bouée à l’île Bagaud devant Port Cros. Le vent est faible mais en dépassant Porquerolles par l’est, je reçois de l’air du large qui me permet d’accélérer fortement.
Je dois m’y prendre à trois reprises pour réussir à m’arrimer à la bouée, n’ayant pour l’instant pas encore l’habitude des manœuvres de Babar 2. L’île est interdite aux humains mais est un sanctuaire des oiseaux et… paraît il des rats ! J’installe des protections sur les amarres car ces petites bêtes, aussi intelligentes soient elles, ne comprennent pas qu’il faut escalader l’obstacle.
Hélas je ne peux pas me baigner car l’eau est infestée de petites méduses violettes, les noctalia.
Je profite quand même de cette belle soirée face à cette nature vierge.

