Croisière de mai en famille

Comme tous les ans j’attendais cette croisière de mai en famille comme un eldorado.

Parfois je me demande comment ma vie serait sans ce repère dans le temps. Certainement plus apaisée car cela me demande de l’investissement personnel et financier importants. Mais qu’importe, chaque printemps m’apporte ce fourmillement caractéristique au cœur du ventre, cette sensation unique en préfiguration de nouvelles aventures, de l’odeur de la mer le matin niché au cœur d’un mouillage sauvage, des premiers rayons chauds du soleil, du bonheur d’une fin de journée après une belle navigation sous thermique. Je ne m’en lasse pas et même si, lorsque je vis une fois de plus ces moments, ceux ci semblent m’échapper, je suis toujours en quête de retrouver ces premières sensations de mer.

Je suis arrivé au bateau le mercredi 13 mai dans la nuit, le temps de finir se préparer le bateau pour accueillir mes filles vendredi après midi. Quelques doux moment avec mes parents et il est enfin temps de prendre cette mer tant désirée, attendue.

Dimanche 17 mai 

Nous appareillons en une matinée douce et un vent léger, cap sur la baie de Paulilles pour passer une première nuit au mouillage. Enfin, plutôt à la bouée. C’est assez inconfortable car le vent du sud lève une mer hachée qui secoue le bateau. Nous allons faire une balade sur le sentier que j’ai tant de fois emprunté sans me douter qu’un jour je serai ici avec mon propre voilier. Nous marchons ainsi jusqu’à la plage de Paulilles. Nous devons porter Raphaëlle sur le retour car elle a déjà beaucoup donné sur ce chemin caillouteux et elle commmence à fatiguer. De retour au bateau, nous nous préparons pour la première soirée au mouillage de la saison ! et c’est le moment idéal pour déguster les « Boles de piculat » de ma mère accompagnés d’un bon vin de chez moi le Clos les Pins.

Lundi 18 mai

En bateau, j’ai la bougeotte, c’est d’ailleurs le principe. Après cette première nuit qui fut un peu hachée (j’ai dû me réveiller pour rallonger les amarres de la bouée qui cognait contre la coque) nous allons à quelques encablures de là au port de Banyuls. L’accueil est charmant et le port mignon même si étroit avec des manœuvres compliquées. Mais je me débrouille tout seul en peaufinant l’ammarrage près d’un magnifique vieux gréement ketch du nom d’Helena. Nous discutons avec quelques membres de l’équipage qui nous proposent une visite plus tard dans la journée. Je sens Raphaëlle intriguée par un bateau en bois, habituée à des bateaux modernes en plastique.

Malgré le temps maussade et menaçant nous partons tous les trois en exploration de cette jolie cité côtière Catalane après un café pris en terrasse. Les rues sont jolies surtout quand on se perd dans leur dédale. Je commence à me sentir vraiment en croisière avec cette légère insousiance que nous oublions bien vite dans notre quotidien.

En revenant au bateau, nous allons visiter le vieux gréement d’à côté, guidé par un membre de l’association, ébéniste à la retraite qui profite de son temps libre pour le restaurer régulièrement. L’association qui comprend environ 150 membres permet de financer cette belle unité qui date de 1913. L’ambiance à bord est magique, chaleureuse et un peu mélancolique. Car un bateau accumule au fil du temps les souvenirs de ses passagers et équipages successifs, il y a donc un peu de l’âme de chacun à bord, et le bois garde plus facilement la mémoire que le plastique. Pour visiter le site de l’association, rendez-vous sur le site http://www.helena.ch

Mardi 19 mai

Le réveil est doux sous un air printanier affirmée. Je sens que le soleil ne va plus nous quitter désormais. Il y a une pression différente dans l’atmosphère et une chaleur enveloppante qui ne laisse aucun doute, la saison est lancée ! Pendant que je prépare le bateau, les filles vont visiter l’aquarium de Banyuls. Celui-ci n’est pas un aquarium pour juste admirer des espèces exotiques, c’est une fenêtre sur la réserve de Banyuls et ses espèces endémiques. Elles en reviennent enchantées.

Nous quittons le port vers 12h30 pour rallier plus au sud la Cala Garbet, un mouillage du côté espagnol. Le vent est un thermique du sud modéré de quinze noeuds qui me permet d’envoyer la grand voile haute avec 2 tours dans le génois pour rester confortable avec une faible gîte pour mon équipage peu amarriné. Au bout de 2h30 de navigation, je mouille l’ancre par sept mètres de fond de sable, non loin de la plage de la petite crique.

Ni une ni deux, je mets l’annexe à l’eau pour permettre à Raphaëlle d’aller jouer sur la plage. Le site est très joli et calme et nous commencons à barboter les pieds dans l’eau. Mais ce calme est de courte durée car une horde d’ados français encadrés par deux moniteurs, vraisemblablement en stage de secourisme, viennent mettre une pagaille monstre avec cris et baignades. Mais cela ne me dérange pas vraiment, curieux de voir comment ma Raphaëlle va devenir dans une douzaine d’années. D’ailleurs, elle les observe longuement avec curiosité.

Le soir venu, nous retournons sur le bateau pour une merveilleuse soirée tapas au soleil couchant au son des années 80. C’est le bonheur le plus parfait.

Une réflexion sur “Croisière de mai en famille”

  1. Avatar de Donini sylvie Donini sylvie

    Quel bonheur de retrouver babar et son équipage
    On est si heureux de partager ces beaux moments et de voir Raphaëlle de plus en plus à l’aise sur le bateau
    Bisous

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