C’est un peu un pélerinage annuel, mais passer une semaine en croisière en famille n’a pas la saveur de la performance mais plutôt la douceur de moments partagés.
Mercredi 20 mai
Pour mon premier mouillage de la saison, je reste sur le qui vive et attentif aux changements de vent. La météo avait prévu un vent de nord assez soutenu pendant une brève période. Or, le bateau étant mouillé au sud de la cala, je n’avais pas confiance. Inquiétude vaine pour deux raisons, la première, le vent prévu n’est jamais arrivé, la deuxième, même s’il était arrivé, nous ne risquions pas grand chose. Je dois retrouver la confiance.
Nous décidons, après le petit déjeuner avalé dans ce merveilleux écrin, de rallier Port de la Selva distante de deux ou trois milles. Je lève l’ancre à 10h15 et envoie le génois en coupant le moteur pour nous laisser porter doucement en moins de deux heures à destination. Nous adorons cet endroit qui nous rappelle tant la Grèce. C’est un rituel familial annuel et c’est toujours un vrai bonheur. Tout y est parfait, l’environnement sauvage, boisé, montagneux, austère, l’accueil toujours impeccable, les infrastructures portuaires modernes et surtout une vraie petit vie de village, un peu désué. Et puis des maisons blanches, à fleur d’eau avec cette nonchalence dans l’air.
Nous avons pour voisins, deux hommes à bord d’un Bavaria très bien entretenu qui ont du mal à se faire comprendre par les marineros. Leur histoire est singulière. Ils ont amené le bateau à ce port car le propriétaire, un ami à eux, a fait un infarctus la nuit dernière. Je rassure les lecteurs, il va bien mais n’est pas encore en état de s’occuper de son bateau.
Après quelques échanges avec eux, nous allons déjeuner dans un restaurant proche du port. Mal m’en a pris, nous aurions dû aller à restaurant du port, car celui-ci était cher et pas très bon. Dommage. L’après midi est de meilleure augure car nous parageons avec Raphaëlle les plaisirs de la plage, à la découverte du Bernarlite (c’est sa façon de prononcer le Bernard l’ermite). L’eau est très douce et plutôt bonne pour la saison. Après ces aventures de mer, notre Raphaëlle est dans un état d’excitation maximum pour la soirée qui s’est avérée sportive !

Jeudi 21 mai
Même si Raphaëlle s’est endormie tard, la nuit fut reposante. Il fait un temps magnifique ce matin, le bleu du ciel se confond avec la mer. Dès le petit déjeuner avalé, nous sommes allés, Raphaëlle et moi payer l’escale à la Capitainerie. Et ensuite, cap vers Cadaquès, au moteur car c’est pétole absolue aujourd’hui. Mais nous essayons malgré tout de bien profiter de la mer. J’essaye de pêcher en vain autour du Cap de Creus, en dehors de la réserve marine bien entendu.
Bientôt nous découvrons une fois de plus cette splendide baie de Cadaquès depuis la mer. Je ne sais même plus le nombre de fois où j’y suis allé mais c’est un enchantement absolu à chaque fois. Impossible de me lasser. Par contre l’accueil n’est plus ce qu’il était, ni le tarif. 80€ pour une simple bouée sans aucun service à part un marinero qui peut vous emmener à terre de 10h à 19h. Et la petite nouveauté de cette année… si vous arrivez avant 17h vous payez deux fois !!! étant donné que nous sommes le seul voilier en escale, magnanime, le marinero ne nous fait pas payer cette petite arnaque. Voilà ce qu’il se passe au fil du temps avec la dictature de la posidonie.
Nous allons évidemment à terre arpenter les magnifiques ruelles du village et permettre à Raphaëlle de barboter à nouveau sur la plage après avoir dégusté une bonne glace. Ce qui admirable à Cadaques c’est la vie atypique qui anime le village à toute saison. Des artistes mais aussi des habitants « normaux » qui vivent ici, jaloux de leur privilège.



A noter que le soir je prends mon premier bain de la saison ! Youpi !