Antibes

Vendredi 5 août

La journée se devait d’être consacrée à la découverte de la ville d’Antibes.

J’étais hyper bien situé, juste à l’entrée de la vieille ville. Très vite je découvrais le marché provençal couvert avec ses magnifiques produits frais. Figues, tomates, abricot… Tout y passa ! Pris dans la langueur des lieux je me laissais me perdre dans les dédales de ces vieilles rues à l’ambiance méditerranéenne. Ça parle fort, ça sent fort, il fait chaud, je me sens bien.

À l’origine colonie de Marseille, Antipolis a une histoire riche en ayant été longtemps à la frontière du royaume de France et à ce titre a vécu au rythme de la diplomatie française, souvent belliqueuse… Fortifiée par Vauban (notamment le port), son passé militaire surgit au premier regard surtout lorsque l’on vient de la mer.

Au fil de ma balade je découvris une face un peu insolite des habitants… L’ambassade d’une micronation utopique, des statues de nus athlétiques aux poses suggestives… Les antipolitains sont coquins et iconoclastes !

Disséminées un peu partout dans la ville, on trouve une vingtaine de statues de l’artiste niçois Nicolas Lavarenne. L’impression de décalage entre les vieilles pierres et ces statues suspendues est assez dérangeante mais on s’y fait à la longue même si parfois certaines poses pourraient être classées -12 ans !

Je n’ai pas visité le musée Picasso mais il est parait-il très intéressant. Je me suis contenté d’une courte visite d’une galerie d’art devant le musée qui vendait justement des pièces du Maître, notamment ses fameuses céramiques peintes que l’on trouve également au musée de Céret en Catalogne Nord.

La vieille ville réserve son lot de surprises avec notamment l’ambassade de la République du Jamtland ! Micro nation utopique et culturelle du centre de la Scandinavie… Je vous laisse rechercher sur le web…

Au détour d’une ruelle, je vis une maison qui indique avoir hébergé le petit Corse ! ce qui est étonnant et paradoxal car la ville était restée fidèle à Louis XVIII et refusa à Nabo-Léon le droit d’accoster au port…

Décidément après Elbe et la Corse l’ombre de l’empereur planne au-dessus de moi. A ce sujet j’avoue ne pas bien comprendre la fascination des français pour un homme dévoré d’ambition qui n’a fait que se servir des idées de la Révolution pour asseoir son pouvoir. Des millions d’hommes sont morts pour lui, il a instauré une véritable dictature en Espagne en plaçant sur le trône son frère alcoolique. Alors oui, il a permis à la France de sortir grandie de la Révolution mais à quel prix ! Et puis je me méfie des petits bonhommes ambitieux… Ils ont souvent une revanche à prendre sur les autres et sont dangereux ! 🙂
Quelques photos de la balade

Le resto du déjeuner

Il me suit depuis Elbe

Une des 19 statues de Nicolas Lavarenne

Une porte sculptée
Le consulat d’un pays imaginaire
La tempête arrive
La crique avant la tempête

Tout à coup le vent se mit à fraîchir d’un coup pour passer de l’Est avec des rafales à 50 noeuds ! Vite j’allai au bateau sécuriser les amarres. C’était une véritable tempête spontanée. Depuis le promontoire du port j’observais le spectacle qui allait s’avérer désolant. Des vagues énormes déferlaient sur les plages et la digue. Les bateaux qui étaient au mouillage peu après le port dans une crique exposée plein Est étaient désemparés. Les grands yachts étaient déjà partis, les autres essayaient de regagner le large. Dans la crique 3 petits voiliers, 2 gros catas et un grand voilier étaient pris au piège. C’est alors qu’une longue attente terrible s’installait. La foule s’amassait pour observer les pauvres diables qui étaient tous sur le pont de leur navire à prier que leur mouillage ne craque pas. Les petits voiliers étaient soumis à une danse infernale pris dans les déferlantes énormes et les rafales de vent. Les mouillages avaient l’air de tenir. Tout à coup le temps de passer à un autre point de vue pour moi, le grand voilier avait dérapé et finit sur les rochers ! Horreur, atroce ! Pourvu que les passagers étaient sains et saufs. La mer continuait à piloner le pauvre et magnifique voilier qui gisait sur le travers dans les rochers. Dans peu de temps il sera disloqué par la colère de Poséidon.
Pendant ce temps la Snsm tentait un remorquage d’un des cata qui était sur le point de finir comme le voilier. Un des autres petits voiliers, n’en pouvant plus, s’était amarré à la poupe du flotteur bâbord d’un gros cata qui tenait bien sur son mouillage. Les embardées étaient terribles.

Effondré devant le désastre je décidai de retourner au bateau. J’appris plus tard que l’équipage du voilier échoué était sain et sauf. La leçon de cette catastrophe : ne jamais essayer de jouer avec les bascules de vent, car ce coup d’Est était prévu juste après le grand frais d’ouest qui soufflait fort le matin. Les pauvres bateaux croyant avoir le temps de passer de l’autre côté du cap pour se protéger de ce vent l’ont appris à leurs dépends.

J’avoue que cet épisode m’a foutu un coup au moral.

Le soir j’étais invité à dîner sur les hauteurs de Cagnes-sur-Mer chez de vieux amis.

Le champ de bataille avec le voilier échoué sur la droite et la vedette SNSM au centre

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